vendredi 25 novembre 2016

Femmes migrantes : la double peine - Stop aux violences et aux discriminations contre les femmes migrantes !

Depuis 2015, l’Europe et la France doivent faire face à la détresse des populations qui fuient la guerre et la misère dans une crise migratoire sans précédent depuis la seconde guerre mondiale. Paradoxalement, elles sont mal accueillies. Jamais leurs mouvements n’ont été si entravés. À Calais, mais aussi lors de nos accompagnements à leurs côtés, nous avons constaté que les femmes migrantes souffrent particulièrement de cette hostilité des Etats et des sociétés : les discriminations et les violences physiques, psychologiques et sexuelles se cumulent contre elles et leurs voix sont rarement audibles.

De quoi sont coupables ces femmes ? D’avoir fui la guerre ou la misère, les violences ou les périls, traversant des milliers de kilomètres avec leurs enfants pendant plusieurs années ? De chercher à construire une vie pour elles ailleurs que là où elles sont nées ? Lorsqu’elles ne peuvent voyager légalement, les rackets des passeurs et les viols se multiplient. Elles sont au croisement des violences du patriarcat, du capitalisme et des populismes, notamment européens.

Quand enfin elles arrivent, on remet leur liberté en cause en leur refusant un statut autonome dans leurs demandes de papiers. En effet, lorsque les titres de séjour arrivent à leur terme, la possibilité de les faire renouveler dépend de la vie conjugale de ces femmes – même si leur conjoint est violent. Certaines sont victimes des accords bilatéraux de la France avec leur pays d'origine où elles demeurent notamment mineures à vie. Même l’accès à l’emploi, à un logement décent sont difficiles. Travailleuses pauvres et précaires, leurs droits sont facilement bafoués dans l’indifférence générale.

Depuis sa fondation, il y a plus de soixante-dix ans, Femmes solidaires, ONG bénéficiant d’un statut consultatif auprès des Nations unies, est du côté de toutes les femmes. Nul doute que l’extrême droite française tentera une fois encore d’opposer les femmes entre elles – des pauvres à d’autres pauvres, de celles qui travaillent à celles qui ne le peuvent, de celles qui ont un logement, des papiers à celles qui n’en ont pas. Nous refusons ce discours, ces divisions, fermement, fondamentalement.

Stop aux violences et aux discriminations faites aux femmes !

jeudi 10 novembre 2016

Les persécutions doivent cesser - Solidarité avec les femmes kurdes


La répression du gouvernement d’Erdogan contre les démocrates s’est encore durcie ces dernières semaines. Le peuple Kurde est pris pour cible une fois de plus par le dictateur. Les faits sont révoltants : plus de 123 personnes brûlées vives dans des sous-sols dont les corps (notamment des femmes et d’enfants) ont été laissés dans la rue après des exécutions publiques et ce afin de semer encore plus la terreur dans la population.

Alors que le monde entier reconnait la place que prend le mouvement kurde en première ligne de la lutte contre Daesh, le pouvoir turc stigmatise et harcele les populations kurdes en Turquie. Pas moins de 30 maires ont été destitué.e.s, 50 député.e.s ont vu leur immunité parlementaire levée et 12 d’entre eux et elles, dont les co-présidents Selehattin Demirtas et Figen Yuksekdag, ont été arrêté.e.s le 3 novembre dernier.

Ces agressions n’ont qu’un but : détruire les mouvements kurdes, victimes de la haine du gouvernement fascisant d’Erdogan.

Les femmes kurdes sont souvent citées en exemple pour leur engagement en termes d’égalité avec une parité stricte dans leurs instances électives et un travail de fond pour que leur révolution politique soit intimement liée avec une révolution sociale au sein de leurs propres structures. Leur lutte exemplaire contre les terroristes de Daesh fait d’elles une des lignes de front les plus importantes dans la lutte contre l’Etat Islamique. Aujourd’hui elles ont besoin de notre aide contre un gouvernement qui voudrait les voir disparaître.

L’Union Européenne et les Nations Unies doivent prendre leurs responsabilités pour que ces persécutions envers les démocrates turques cessent immédiatement et en particulier la repression contre le peuple kurde.

SOUTIEN TOTAL AUX FEMMES KURDES ET AU PEUPLE KURDE EN LUTTE POUR LA LIBERTE LA JUSTICE ET L’EGALITE !

vendredi 4 novembre 2016

Appel au rassemblement samedi 5 novembre devant le Consulat de Turquie à Lyon

Femmes solidaires du Rhône se joint aux organisations appelant au rassemblement à Lyon demain samedi 5 novembre à 14h devant le Consulat de Turquie, 87 rue de Sèze, 69006 Lyon.

Nous vous remercions de faire circuler cette information.

vendredi 21 octobre 2016

Soutien à Ayele !

Femmes solidaires se joint à l’appel lancé par la CGT pour un rassemblement de soutien à Ayele, dont les conditions de travail déplorables ont causé un arrêt prématuré de la grossesse et qui a été licenciée peu après par sa direction.

Venez nombreux-ses le 27 octobre à 14h30 au 171 boulevard Paul Vaillant-Couturier à La Courneuve ! Le droit du travail doit s’appliquer partout et pour toutes !

Femmes solidaires encourage également à signer la pétition de la CGT dont voici le texte complet :

"LICENCIEE POUR AVOIR PERDU SON BEBE
Ayele a 33 ans. Elle est caissière. Le 8 juin 2016, à 4 mois et demi de grossesse, elle rompt la poche des eaux au travail, en portant une pastèque sur le tapis de caisse. Les pompiers l’amènent immédiatement à l’hôpital. Pendant 5 jours, elle garde l’espoir de sauver son bébé mais un début d’infection oblige le corps médical à interrompre cette grossesse très désirée.
Son employeur, Marché O’Frais, est un supermarché de La Courneuve, spécialisé dans les dates limite de consommation. Les conditions de travail des caissières y sont particulièrement difficiles : vidéo-surveillance permanente, infantilisation par les responsables de caisse, isolement et pression au rendement.
Ayele a continué à travailler, malgré l’épuisement dû à ses conditions de travail, parce qu’elle avait besoin de son CDI pour que son enfant naisse dans un vrai logement. Elle a travaillé debout et toujours plus vite, pour répondre aux injonctions de sa responsable de caisse et de sa directrice Et comme elle était épuisée, comme elle le savait, elle a prévenu son employeur, en lui remettant un certificat de grossesse. La direction de Marché O’Frais a-t-elle alors aménagé le poste de travail d’Ayele, pour remplir son obligation de sécurité ? Absolument pas. Ayele a continué à travailler vite, toujours plus vite, sous la surveillance déstabilisante des caméras vidéo au-dessus des caisses et des vigiles de la société sous-traitante, jusqu’à l’accident de travail, fatal pour son bébé.
Et à peine un mois après son retour au travail, la direction la licencie sous prétexte d’erreurs de caisse. Au cours de l’entretien préalable, la directrice générale du magasin a dit explicitement qu’elle ne supportait pas que sa responsabilité dans la survenue de l’accident, soit questionnée au travers des questions des délégués du
personnel. Elle a ajouté que c’était « SON entreprise ».
Le droit de propriété autorise-t-il de telles atteintes à la vie des femmes salariées ? La maternité est un droit, pas une faute professionnelle et l’employeur a des obligations vis-à-vis de tout-e salarié-e. L’une d’elles est l’obligation de protection de la santé et de la sécurité des salarié-e-s définie par l’article L4121-1du Code du Travail.
Nous, signataires de la pétition, exigeons
- La réintégration immédiate d’Ayele à son poste de travail.
- Que la responsabilité de la direction par rapport à l’accident du travail d’Ayele fasse l’objet d’une enquête.
- Au cas où des responsabilités seraient établies, nous demandons au procureur de la République d’engager des poursuites envers les responsables de l’accident.
- L’inclusion dans le Code du Travail d’un article stipulant qu’une femme enceinte ne doit pas porter plus de 5 kilos de charge, dès lors que l’employeur est averti de son état de grossesse."