Les professionnel-les, parents, associations et personnes membres du collectif exigent le retrait des mesures qui bradent les modes d'accueil des jeunes enfants et demandent un plan d'urgence pour la petite enfance.


Femmes solidaires et la CATW viennent de prendre connaissance de la composition de l’équipe de France de football qui se rendra en Afrique du Sud début juin à l’occasion de la Coupe du monde. Cette équipe est une équipe nationale, elle doit donc être porteuse des valeurs du pays qu’elle représente, en l’occurrence celles de la France.
Nous sommes donc choquées que deux équipiers, mis en cause par la justice pour avoir participé à l’exploitation de la prostitution, avec une mineure de surcroît, et en tout cas qui ne semblent pas le nier, portent le maillot et nos couleurs.
Nous sommes également indignées par la banalisation du recours à la prostitution dans le monde sportif, qui ne semble choquer ni un haut dirigeant de la FIFA, ni le monde culturel,artistique.
Cela est d’autant plus choquant que lors de la coupe du monde de football en 2006 en Allemagne, toutes les forces politiques de notre pays s’étaient unies pour affirmer haut et fort qu’ « acheter du sexe n’est pas un sport » ! A cette époque, le Ministère des Sports, la FIFA s’étaient engagés contre la prostitution à travers un spot TV « Ne soyons pas complices » dans lequel le sélectionneur de l’équipe de France de football Raymond DOMENECH intervenait dans ce sens.
Comment quatre ans plus tard en arrive t-on à banaliser et accepter la prostitution dans le football ?
Nous rappelons, à toutes fins utiles, que la France est Etat partie de la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui de 1949, dont le préambule considère que « la prostitution et le mal qui l’accompagne, à savoir la traite des êtres humains en vue de la prostitution, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et mettent en danger le bien-être de l’individu, de la famille et de la communauté »…
Par ailleurs, notre pays a ratifié la CEDAW, Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes qui affirme dans son article 6 que les Etats ratifiant cette convention « prennent toutes les mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour réprimer, sous toutes leurs formes, le trafic des femmes et l’exploitation de la prostitution des femmes ».
La France a également ratifié le Protocole de Palerme sur la traite qui dans son article 9-5 appelle les Etats à décourager la demande.
Enfin, lors de la 54e session sur le statut des femmes à l’ONU en mars 2010, « l’Organisation internationale de la francophonie, constituée de 70 Etats et gouvernements dont la France ont adopté lors de cette session une déclaration sur les violences faites aux femmes saluée par de nombreuses ONG condamnant l’exploitation de la prostitution ».
La France se définit comme un pays abolitionniste, elle doit aujourd’hui lancer un signe fort en dénonçant ce fléau abominable qu’est la prostitution pour des femmes, des enfants et des hommes. Une clarification de notre Ministre des Sports est indispensable pour que sport et éducation non-sexiste continuent de rimer. Outre les performances, le football doit aussi être un vecteur de valeurs sur lesquelles nous ne pouvons faire de concession.
En conséquence nous demandons :
· Que les deux joueurs mis en cause ne figurent pas dans les effectifs de l’équipe de France.
· Que des campagnes soient menées d’urgence à l’approche de cet événement, visant à décourager la demande et édicter un code de bonne conduite pour les membres de l’équipe de France, porteurs de nos valeurs, contre l’achat de services sexuels.
· Une condamnation ferme de la prostitution en Afrique du Sud par la voix de notre ministre des Sports lors de la Coupe du monde où l’on sait que le Président d’Afrique du Sud a dores et déjà commandé 1 million de préservatifs pour les touristes sportifs sexuels.
La prostitution n’est pas une fatalité humaine. Comme nous l’avions affirmé lors de la précédente Coupe du monde en 2006 en Allemagne avec la Coalition contre la traite des femmes (CATW), nous réitérons notre appel pour ce rendez-vous sportif qui doit rester une fête digne et solidaire : Acheter du sexe n’est pas un sport.
Ce communiqué est co-signé par le MAPP, Mouvement pour l’abolition de la prostitution et de la pornographie et toutes les formes de violences sexuelles et discriminations sexuelles.

40% des femmes arrivent aujourd’hui à faire valoir une retraite à taux plein, contre 85 % des hommes.
En moyenne, une femme prend sa retraite à 61 ans et 5 mois, un homme à 59 ans et 6 mois*.
Le montant moyen mensuel brut de la retraite d’une femme est de 1020 euros ; un homme touche en moyenne 1636 euros, soit 38% de plus*.
En 2008, les femmes représentaient 57,2% des allocataires du minimum vieillesse.
A la lecture de ces chiffres, on constate combien le système actuel des retraites est inégalitaire puisqu’il est le fruit d’un monde du travail discriminatoire et défavorable aux femmes.
Puisque Eric Woerth, Ministre du Travail, parle de mener une réforme « juste », nous lui demandons, ainsi qu’aux partenaires sociaux, de reconnaître l’aspect injuste pour les femmes du régime aujourd’hui en place et d’y remédier.
Pour cela, Femmes solidaires estime nécessaire notamment de :
- revaloriser les pensions les plus basses que touchent principalement les femmes,
- continuer à assurer une retraite décente pour les salarié-e-s ayant fait tout ou une grande partie de leur carrière au SMIC, majoritairement des femmes,
- tenir compte dans le calcul des retraites de la pénibilité du travail dans toutes les professions comme, par exemple, pour les hôtesses de caisse qui portent jusqu’à 4 tonnes de marchandises par jour ou les personnes chargées des travaux de ménage qui souffrent de maladies professionnelles liées aux gestes répétitifs,
- sauvegarder les avantages familiaux,
- conserver l’âge légal actuel de départ à la retraite à 60 ans,
- garantir un système de retraite par répartition, gage de solidarité pour les salariés précaires et pauvres, dont une grande partie sont des femmes.
Femmes solidaires rappelle aussi qu’une réelle application de l’égalité professionnelle et salariale dans le monde du travail ainsi que la création d’un véritable service de la petite enfance, donnant aux femmes qui le souhaitent de s’investir pleinement dans leur métier, sont indispensables pour arriver à l’égalité des retraites des femmes et des hommes.
* Source DREE